Lorsque vous interrogez de “bons” élèves devenus
adultes sur leur investissement personnel durant leurs
études, la majorité reconnaît ne pas avoir autant étudié
que ce que leur entourage pensait. Ils révisaient peu en
rentrant chez eux. Ils passaient une grande partie de
leur temps à faire du sport ou
à jouer aux jeux vidéo. Lorsque les examens arrivaient,
ils ne se mettaient à réviser qu’une ou deux semaines
avant.
Qu’est-ce qui leur permettait alors de réussir ?
Plusieurs facteurs mais l’essentiel, probablement, est
celui d’avoir été actif lors de leurs apprentissages. Par
exemple, un élève qui relit ses leçons avant d’aller en
cours et qui fait ses devoirs comprendra de manière
claire le professeur et le programme de la journée.
D’autre part, le fait de prendre des notes et de poser
des questions durant les cours permet également de
s’assurer de la bonne compréhension de la notion.
Mais quel est le rôle de l’enseignant et de l’école dans
tout cela me direz-vous? L’enseignant se doit de rester
conscient des différents moyens par lesquels ses
élèves retiendront les informations qu’il souhaite qu’ils
retiennent. Ainsi le «Cône d’Apprentissage» établi par
Edgar Dale illustre les différents moyens à mettre en
oeuvre pour solliciter au maximum l’élève durant un
cours. Ainsi, si un élève n'apprenait qu’en lisant, il ne
retiendrait que 10% de ce qu’il a lu, s’il ne faisait
qu’écouter, 20% de ce qui a été entendu serait retenu.
La situation s’améliore lorsque l’élève assiste à une
présentation ou une démonstration qui lui permettront
de retenir 50% de ce qu’il a vu et entendu. Les ateliers,
où chaque élève du groupe est actif dans l’activité et

dans la discussion avec ses camarades et y fournit les
efforts nécessaires pour être compris, permettront de
retenir 70% de ce qui a été dit ou de ce qui a été écrit.
Lorsque l’élève a la tâche d’expliquer une notion ou doit
faire une présentation devant une classe par exemple,
il retiendra 90% de ce qu’il a réalisé.

Si, comme pour tout modèle, il y a matière à discussion, des points
restent indiscutables : apprendre par des moyens
actifs permet à tout élève de retenir plus d’informations
et d’avoir une meilleure compréhension du sujet
qu’avec un apprentissage passif. C’est pour cette
raison qu’à l’Ecole Vinet, nos élèves de la 7P à la 9è
année voient leur emploi du temps occupé par de
nombreuses périodes de travail collaboratif. Les élèves
sont motivés à participer, encouragés à échanger sur
ce qu’ils ont compris et pensé, ils sont amenés à poser
des questions et à vérifier leurs connaissances en
participant à des jeux de groupe et des ateliers. Ils sont
ainsi capables de percevoir une notion sous différents
angles, de faire disparaître les zones d’ombre et ainsi
de poursuivre leurs apprentissages. L’enseignant valide
les démarches et encourage l’élève à persévérer.
L’élève est rarement en mesure de devenir un apprenant
actif par sa seule volonté, les méthodes d’enseignement
mises en place par l’école sont déterminantes
afin de maximiser les démarches d’apprentissages.
L’avantage de mettre en place ces démarches avec des
élèves jeunes est que d’une part, ils sont ouverts aux
conseils et volontaires à bien faire, ils prendront petit à
petit des habitudes qu’ils maintiendront tout au long
des périodes de formation qu’ils traverseront durant
leur parcours scolaire et professionnel.

Bernadette KABA
Directrice de l’Ecole Vinet

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